Pierre LAMALATTIE

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actualisé au 13/102011


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ce dossier est uniquement
consacré à des oeuvres anciennes


Cultures d'outremer

Pierre Lamalattie invite à imaginer des cultures d'outremer où la beauté aurait toute sa place, où la décoration resterait une pratique aussi simple et nécessaire que la cuisine.

En dépit de leur apparence de réalisme, ces compositions ne sont pas fidèles à une réalité ethnographique. Au contraire, elles mélangent souvent plusieurs sources, transforment les parures, transposent les coloris, les fusionnent dans une sorte de baroque multicolore. Ce qui est visé par l'artiste, n'est pas la réalité sociologique et historique des peuples concernés. C'est plutôt l'attirance pour un outremer imaginaire. C'est la fascination pour des pays où l'on s'habillerait et se décorerait sans réserve, où le jeu des couleurs serait jaillissant, puissant, fécond, où l'art n'aurait pas honte d'être en premier lieu décoratif.

L'homme est une sorte de bernard-l'hermite, mêlant son corps à toutes sortes d'objets, pour le meilleur et pour le pire. La fécondité décorative des peuples d'outremer pousse cette vocation humaine dans des voies très diverses, de façon souvent surprenante et heureuse. Pierre Lamalattie nous invite à explorer de telles voies, réelles ou imaginaires.

Au siècle dernier, les peintres orientalistes parcourant le monde dans des conditions souvent très difficiles, étaient d'authentiques aventuriers. Mais leur voyage n'était pas seulement une performance sportive, c'était aussi et surtout une quête de la beauté et de l'étrange, une fascination pour " l'Orient ", une véritable fringale d'images, un désir de voir, et surtout, de voir des choses qui libèrent de la morosité occidentale, un besoin réparateur de se faire du bien à l'œil. La langue populaire a une expression qui dit bien ce qu'elle veut dire : se " rincer l'œil ". L'orientalisme procède, si l'on veut, de cette sorte de cette sorte d'avidité et de voyeurisme. Il s'agit de se laver, de se faire du bien, de s'évader. Il y a une sorte de départ, une sorte de quête. Le parcours proposé par Pierre Lamalattie dans ses " visages d'ailleurs " procède de la même nostalgie.

Ce voyage est aussi l'occasion de retrouver l'importance des petites choses, C'est ainsi qu'on retrouve inclus dans ces compositions de Pierre Lamalattie toutes sortes de collages, des fragments de brindilles, des bois roulés, des graines, des minéraux, des cailloux, des fragments de céramiques mais aussi des petits objets industriels éloignés de leur fonction initiale : boutons, perles, fusibles. Toutes ces choses n'auraient pas d'intérêt pour un regard utilitaire. Leur valeur en tant que ressource est nulle. Mais, un regard affranchi de tout utilitarisme, un regard désintéressé accueille leur expression, leur existence, leur ouvre un autre espace. On sent que ces petits objets ont une âme, on leur prête des pouvoirs, on accède à leur poésie. Le monde s'emplit de l'essor des choses muettes.

En s'entourant d'objets décoratifs, en s'appropriant des fragments du monde qui l'entoure comme autant de grigris, l'homme construit son monde. Il l'habite. Cette habitation est véritablement un accomplissement. Elle réunit l'homme et les dieux.

Overseas cultures


Pierre Lamalattie invites to imagine overseas cultures where beauty would have all its place, where decoration would remain a practice as simple and necessary as cooking.


In spite of their appearance of realism, these compositions are not faithful to ethnographic reality. On the contrary, they often mix several sources, transform the ornaments, transpose the colours, and amalgamate them in a kind of multicoloured baroque. The artist is not aiming at sociological and historical reality of the people concerned. It is rather the attraction for an imaginary overseas. It is this fascination for countries where one would dress and wear ornaments without reserve, where the play of colours would be spouting out, powerful, fertile, and where art would not be ashamed of being decorative above all.


Man is a kind of hermit-crab, mingling his body with all kinds of objects, for better and for worse. The decorative richness of the overseas people pushes this human vocation in very diverse paths, in an often surprising and propitious manner. Pierre Lamalattie invites us to explore such paths, be they real or imaginary.


In the 19th century, the Orientalist painters exploring the world, often under very difficult conditions, were authentic adventurers. But their voyage was not only a sporting performance, it was also and above all a quest for beauty and strangeness, a fascination for the "East", a true thirst for images, a desire to see, and especially, to see things which liberate from Western moroseness, a repairing need to do good to the eyes. Popular language has a very explicit expression: "to get an eyeful". Orientalism draws its roots from this form of greed and voyeurism. One senses the need to grab as many eyefuls as possible, to do one good, and to flee. There is a kind of departure, a kind of quest. The voyage proposed by Pierre Lamalattie in his "Faces from elsewhere" draws from the same nostalgia.


This voyage also offers the opportunity to rediscover the importance of small things. One thus finds in the compositions of Pierre Lamalattie all kinds of collages, fragments of brushwood, colt wood, seeds, minerals, stones, ceramic fragments, but also small industrial objects ridded of their initial function: buttons, pearls, fuses. All these things have no interest from a utilitarian point of view. Their value as a resource is null. But, a glance freed from all trace of utilitarianism, a glance from a distance welcomes their expression and their existence, and opens up another space to them. One has the impression that these small objects have a soul; one invests them with powers, and reaches their poetry. The world is filled with the rise of the silent things of nature.


By surrounding himself with decorative objects and capturing fragments of the surrounding world as if they were grigris, the man builds his own world. He lives in it. This dwelling is truly an achievement. It unites Man and the Gods.