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grands
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AVERTISSEMENT :
ce dossier est principalement
consacré à des oeuvres anciennes
Plantes,
rocs, sentiment de la nature
Etant
enfant, puis adolescent, Pierre Lamalattie a passé ses vacances,
en Limousin, sur le plateau de Millevaches. Il pleut beaucoup dans
cette région. Les ruisseaux et rivières abondent.
Tout paraît gorgé d'eau. Les tourbières sont
omniprésentes. Il y a passé de longues périodes,
souvent seul, marchant des jours entiers, pêchant aussi dans
les torrents. Son ennui s'est progressivement transformé
en une attirance pour cet univers foisonnant et pourrissant, pour
ces eaux rougeâtres, ces sols organiques, ces accumulations
de mousses. Il a pris goût progressivement à une sorte
de fascination pour la nature se mêlant à une peur
diffuse, au sentiment de participer à quelque chose de sauvage,
d'énorme. Depuis, le sentiment de la nature lui paraît
indissociable d'un mélange de terreur et d'attirance, de
sensualité et de chaos.
Les choses de la nature les plus simples cachent souvent une beauté
puissante : quelques feuilles, un rameau, une plante ramassée
et mise à plat, mais aussi des cailloux, une coquille d'escargot,
des petites choses oubliées. L'attirance de Pierre Lamalattie
pour la pauvreté en art relève de ce constat. Sa peinture
est traversée par le désir d'une retraite dans la
nature, par l'inclination pour cette tranquillité, cette
jouissance si particulière qui caractérise les ermites.
Il faut bien reconnaître que les hommes sont souvent fatigants
! Ils donnent envie de s'affranchir de leur compagnie, envie de
partir, inspiré par une sorte de "rupture avec ce qui
amoindrit".
Lorsqu'étant
petit, Pierre Lamalattie se promenait avec sa grand-mère,
elle s'extasiait sans cesse du dessein des plantes et de la grâce
des feuillages, etc. Une branche d'arbre reste pour lui l'exemple
même d'un dessin parfait qui développe un même
motif avec des variations infinies. On pourrait en dire autant de
beaucoup de choses de la nature : rochers, nuages, arbres, rivières,
etc. Les productions humaines paraissent souvent sans queue ni tête,
disparates, improbables
Au contraire, le spectacle de la nature
conjugue très souvent une fantaisie inouïe et une profonde
unité - pour peu qu'on sache la regarder. On dirait que des
sortes d'algorithmes sont en uvre, inventant sans cesse des
variations à partir d'un même thème. En réalité,
la nature est pour lui la référence absolue en matière
d'esthétique.
Lorsque
l'on dessine des choses de la nature, on est obligé de les
regarder attentivement, on est amené à comprendre
leur infinie complexité, leur richesse de nuances. On perçoit
intimement leurs tailles relatives et leur nombre. Il en résulte
une sorte de vertige. Comment dessiner un arbre, dont on a envie
de représenter chaque feuille ? Chaque feuille a pourtant
sa beauté, ses couleurs, sa position, son orientation dans
l'espace. Elle forme avec toutes les autres, un monde, une galaxie
! Représenter la nature, est pour Pierre Lamalattie une invitation
à accéder au sentiment de l'incommensurabilité.
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