Pierre LAMALATTIE

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actualisé au 02/06/2010


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AVERTISSEMENT :
ce dossier est principalement
consacré à des oeuvres anciennes

Plantes, rocs, sentiment de la nature

Etant enfant, puis adolescent, Pierre Lamalattie a passé ses vacances, en Limousin, sur le plateau de Millevaches. Il pleut beaucoup dans cette région. Les ruisseaux et rivières abondent. Tout paraît gorgé d'eau. Les tourbières sont omniprésentes. Il y a passé de longues périodes, souvent seul, marchant des jours entiers, pêchant aussi dans les torrents. Son ennui s'est progressivement transformé en une attirance pour cet univers foisonnant et pourrissant, pour ces eaux rougeâtres, ces sols organiques, ces accumulations de mousses. Il a pris goût progressivement à une sorte de fascination pour la nature se mêlant à une peur diffuse, au sentiment de participer à quelque chose de sauvage, d'énorme. Depuis, le sentiment de la nature lui paraît indissociable d'un mélange de terreur et d'attirance, de sensualité et de chaos.

Les choses de la nature les plus simples cachent souvent une beauté puissante : quelques feuilles, un rameau, une plante ramassée et mise à plat, mais aussi des cailloux, une coquille d'escargot, des petites choses oubliées. L'attirance de Pierre Lamalattie pour la pauvreté en art relève de ce constat. Sa peinture est traversée par le désir d'une retraite dans la nature, par l'inclination pour cette tranquillité, cette jouissance si particulière qui caractérise les ermites. Il faut bien reconnaître que les hommes sont souvent fatigants ! Ils donnent envie de s'affranchir de leur compagnie, envie de partir, inspiré par une sorte de "rupture avec ce qui amoindrit".

Lorsqu'étant petit, Pierre Lamalattie se promenait avec sa grand-mère, elle s'extasiait sans cesse du dessein des plantes et de la grâce des feuillages, etc. Une branche d'arbre reste pour lui l'exemple même d'un dessin parfait qui développe un même motif avec des variations infinies. On pourrait en dire autant de beaucoup de choses de la nature : rochers, nuages, arbres, rivières, etc. Les productions humaines paraissent souvent sans queue ni tête, disparates, improbables… Au contraire, le spectacle de la nature conjugue très souvent une fantaisie inouïe et une profonde unité - pour peu qu'on sache la regarder. On dirait que des sortes d'algorithmes sont en œuvre, inventant sans cesse des variations à partir d'un même thème. En réalité, la nature est pour lui la référence absolue en matière d'esthétique.

Lorsque l'on dessine des choses de la nature, on est obligé de les regarder attentivement, on est amené à comprendre leur infinie complexité, leur richesse de nuances. On perçoit intimement leurs tailles relatives et leur nombre. Il en résulte une sorte de vertige. Comment dessiner un arbre, dont on a envie de représenter chaque feuille ? Chaque feuille a pourtant sa beauté, ses couleurs, sa position, son orientation dans l'espace. Elle forme avec toutes les autres, un monde, une galaxie ! Représenter la nature, est pour Pierre Lamalattie une invitation à accéder au sentiment de l'incommensurabilité.

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