L'abandon
des vêtement et l'apparition d'un corps, constitue souvent
un moment d'indiscutable émotion. On a le sentiment que tombent
les protections inertes, de même que les appartenances sociales.
Les pesanteurs ordinaires sont affranchies, on a un sentiment communicatif
de légèreté, de réelle liberté.
Pour Pierre Lamalattie, le nu n'est pas un exercice de style, mais
bien une sorte de plaisir retenu, propre à l'artiste. C'est
une invitation à partager cet état de suspension,
ce voyeurisme des formes subtiles du corps humain sous leur apparence
de radicale simplicité. Il ne faut pas se contenter dune
impression d'ensemble du corps mais accéder à une
réelle culture de toutes ses composantes.
Lorsqu'il
est nu, le corps est en contact par toute sa surface avec l'espace
environnant. Il éprouve quelque chose comme du bien être,
de la confiance, une relation charnelle avec la nature, le sentiment
de l'espace, une forme de plénitude, de puissance même,
quelque chose d'épique parfois. En même temps, la nudité
du corps révèle toute sa vulnérabilité
, sa faiblesse, sa précarité. Pierre Lamalattie aime
montrer la beauté d'un corps en exprimant à la fois
sa présence vitale et la sensation de sa vulnérabilité.
Il aime faire sentir que la beauté est une sorte d'apogée,
magnifique et tragique.
Le
nu c'est aussi et surtout le désir, le sexe, l'expérience
inépuisable de notre animalité. C'est une sorte d'absolu,
en tout cas, un recours pour qui cherche un goût ou un sens
à la vie. C'est une référence, tout particulièrement
précieuse pour l'homme moderne qui en manque souvent. Pierre
Lamalattie, aime ainsi mettre en contraste des scènes sexuelles
avec des aperçus mornes de la vie ordinaire. Il aime aussi
montrer le corps humains par gros plans sous des angles variés,
car c'est la façon active dont on voit un partenaire sexuel.